Quora — Juste pour vos yeux

Mise à jour : Ce message était le premier, en réaction à ce que j’avais vu sur Quora. Il a été repris et corrigé depuis, et j’ai écrit d’autres billets sur le sujet.

Résumé : Quora est un site de Question-Réponse exigeant, exclusivement en anglais. Inscrivez vous sous votre nom civil. Faute de filtres, la qualité dépend de votre retenue : attendez de comprendre les usages du site avant de participer.

Si vous êtes venus pour comprendre ce que Quora permet, ces vidéos en anglais le feront mieux que je n’en serai jamais capable. Cet article parle des valeurs du site.

Voilà un peu plus de sept mois que je suis actif sur Quora.com, un site où vous pouvez poser des questions y répondre. Le site a deux qualités flagrantes :

  • ses concepteurs ont su travailler le schéma d’interaction au mieux pour avoir non seulement les meilleures réponses émerger mais les meilleurs contributeurs participer volontiers (pour plus d’explication sur le sujet, voyez Xianhang Zhang dont c’est le métier et qui est l’observateur extérieur le plus pertinent du travail de Rebekah Cox); et
  • les plus grands noms du web y sont actifs, comme Robert Scoble ou Michael Arrington, ou mieux : ceux qui ont travaillé dans l’ombre de toutes les révolutions récentes, comme Yishan Wong.

Depuis le 3 janvier, la presse spécialisée en a fait sa coqueluche. Trois jours après, les européens arrivent. Je crois être le français le plus actif (pas le seul, ni le plus ancien) donc je me sens la responsabilité de vous souhaiter la bienvenue, mais avec quelques recommandations.Quora est un écosystème fragile, et les membres les plus intéressants sont irremplaçables. Ils ont un milliard d’utilisateurs à satisfaire, un milliard de dollars à investir, et si vous êtes trop pénible, un milliard de bugs à corriger. Ils travaillent avec des spécialistes qui savent précisément de quoi ils parlent, et ne s’expriment que s’ils ont quelque chose à dire. Ils le font une langue claire, structurée et sans erreurs. Ce sont des gens dévoués, adorables, d’une générosité sans pareille, mais pour donner davantage, ils préfèrent être efficaces et respectueux. Si on leur sort une vanne éculée, la première fois, sourire crispé ; la deuxième, un « Qu’est-ce que ça vient faire ici ? » un peu sec ; vous êtes le cent cinquantième.

Ce matin, avant de se connecter, ils ont eu une seconde d’hésitation : leur pile d’alertes allaient être encore remplie de « But Y Quora cant be morr lik e Twittter!?!» Parce que Quora est comme leur twitter, peut-être pas celui de tout le monde, mais celui que tout le monde pourrait au moins essayer.

Ils se sont plaint —avec moi, et surtout plus vertement— des nouveaux venus. Beaucoup parlent de la fin de l’âge d’or que vous êtes venus voir. Tous ce que vous avez entendu sur un site génial, où les dirigeants de telle ou telle boîte s’expriment librement, c’était encore vrai il y a quelques heures. Est-ce que cela vous intéresse d’en faire partie ? Ou voulez-vous le détruire ?

En trois jours, j’ai été découragé par des nouveaux, venus faire leur auto-promotion et raconter leur vie. Certains m’ont insulté parce que je leur présentais les règles d’usage — avant même que j’ai le temps d’expliquer leurs motivations. Il n’y a pas de bouton de bannissement immédiat pour les arrivés récents, mais croyez moi, les responsables du site ont reçu des dizaines de messages dans ce sens cette semaine.

Le niveau d’exigence actuel sur ce site est unique, sensiblement au dessus de ce que vous verrez sur un article actif sur Wikipédia par exemple. J’ai entendu parler du site par Jon Zittrain (un professeur qui a quitté un poste à vie à Oxford pour un autre à Harvard). Après cinq années de thèse sur les réseaux sociaux, et rarement moins d’une semaine de réflexion, de référence et de relecture, je me fais encore reprendre la plupart du temps, par des personnalités comme Keith Rabois (un des plus importants investisseurs de la Silicon Valley) ou Andrew ‘Boz’ Bosworth (directeur technique à Facebook et concepteur, entre autres, du News Feed). Autrement dit — vous avez du lire les « dix conseils sur Quora » et autres listes de fonctionnalités ; laissez-moi vous en donner trois, plus simples :

  • Ne postez rien (pour l’instant) Évitez de voter pour les réponses qui vous plaisent avant d’avoir passé du temps sur le site : j’ai vu plusieurs réponses sans intérêt et criblées de fautes être portées aux nues parce que c’était l’habituel « fbook Is eevil  !!! » ou parce qu’elles émanaient d’un “blogueur influent” qui a invité ses 450 lecteurs-commentateurs d’un seul coup. Imaginez plutôt comment améliorer la réponse.
    Le gros bouton vert sur la page de chaque question (et des tags, et des contributeurs) vous permet de vous abonner à toute contribution. C’est le principal bouton que j’ai utilisé la première semaine. Si vous pensez avoir une réponse, prenez quelques notes, et cliquez sur “Save draft” juste à coté de “Answer”. Si vous mûrissez la réponse, vous aurez plus d’amis qui la remarqueront quand vous la posterez, plutôt que de les décevoir au premier brouillon. (Pour vous donner un idée, mon délai moyen de réponse doit être de l’ordre d’une semaine et demi, et je prends beaucoup sur mon temps libre pour participer et je ne suis pas le plus exigeant, de loin.)
    De même, évitez de poser des questions déjà présentes, sous une autre forme : ça agace les utilisateurs expérimentés, mais plus égoïstement vous ratez toutes les réponses existantes. De plus, ça fractionne aussi le site ; il me faudrait un peu de temps pour vous expliquer comment, mais c’est un problème réel depuis quelques jours.
    Si votre question n’est pas originale, faites un effort pour chercher un équivalent, en utilisant des synonymes, en passant d’une question à une autre (voyez en haut de la colonne de droite) : elle a probablement déjà été posée. C’est pour précisément éviter les re-dites que l’invite pour poser une question est le même que le moteur de recherche instantané.
  • Lisez les consignes que vous trouverez sur cette page, conçue à votre attention.
    Quand vous aurez compris dans quel contexte l’humour est le bienvenu (rarement), si l’on peut répondre à ses propres questions (tout à fait), ou qu’une question sans réponse est soit une question vraiment difficile, soit, plus probablement, une question qui a déjà été posée sous une autre forme et comment fusionner des doublons, alors je vous encourage à participer : voter (beaucoup), commenter (un peu) et suggérer des améliorations (avec le sourire).
    Deux autres consignes qui sont mal appréciées des nouveaux venus, et qui réclament de lire le manuel : utiliser son nom civil d’usage, c’est-à-dire pas de pseudonyme, et répondre exclusivement en anglais. Je reviens sur la question de la langue à plusieurs endroit sur le site, dont là et plus bas dans ce billet.
    La politique sur les noms est stricte parce que, contrairement à Wikipédia, Quora est une source primaire, un site que l’on peut citer en référence pour prouver quelque chose. Le site refuse la participation de personnes morales (associations, sociétés, marques) pour la même raison.
    Ne critiquez ces consignes qu’après avoir lu les arguments qui les motivent : pour une fois, les fondateurs ont eu le courage de discuter, et se sont donné le mal et détailler la motivation de chaque règle, plutôt que de vous faire approuver un EULA de 50 pages comme quoi vous étiez d’accord, et de vous bannir sans ménagement. Encore une fois : le site aime ses utilisateurs, nouveaux ou anciens, respecte infiniment leur intelligence mais plus encore leur capacité à se retenir le temps de s’améliorer.
    Mise à jour : Face à la recrudescence et à la déception de certains, les modérateurs ont changé de braquet et bloquent les comptes sans hésiter maintenant.
  • Passez plus de temps à explorer le site ; explorer, mais combien de temps, jusqu’à quand ? C’est simple : à n’importe quel point de votre exploration, continuez. Ça deviendra vite une nécessité, j’espère.
    Si vous voulez proposer votre contribution à une question qui a déjà 50 réponses, lisez toutes les réponses, une par une et chacun des 15 commentaires en forme de dissertation. Lisez tout : vous n’êtes pas sur twitter ; ici, le but, c’est d’arriver à la meilleure réponse exhaustive, intelligente, concise.
    Si vous n’apportez pas des éléments, une structure de raisonnement, une mise en perspective qui devrait figurer dans les deux premières réponses, ne répondez pas — commentez plutôt une des réponses, ou mieux, proposer une modification. Ces suggestions sont une fonctionnalité très efficace pour améliorer la qualité du site ; elles réclament un peu d’expérience et sont donc peu mise en avant, mais c’est une marque d’estime. En cas de doute, envoyez un message privé. C’est de loin la fonctionnalité la plus utile et la moins visible : j’ai résolu toutes mes hésitations en écrivant à la personne qui avait l’air de savoir. Dans le doute, écrivez-moi.
    Explorez pour trouver des éléments de réponses sous une autre question et faire des liens ; relisez aussi vos propres réponses pour les modifier à nouveau.

Pourquoi être si strict ? On peut bloquer un membre, mais l’impact est limité : il ne pourra pas commenter sur vos réponses ou vous écrire mais parce que c’est un site où tout est public (sauf les messages) vous continuerez à voir ses contributions aux sujets que vous suivez. C’est pour cette raison qu’on vous demande d’être particulièrement attentif à la qualité de vos contributions ; contrairement à Facebook, on ne peut pas s’abstenir des gêneurs.

J’ai repris dans un mot à part toutes les interactions possibles.

Certains membres établis font de l’humour ou répondent à coté ; ils connaissent ceux qui suivent la question et vont lire la réponse, et ils le font très occasionnellement. Pour illustrer : un présentateur de journal télévisé a le droit de faire des poissons d’avril à tout le pays ; il a cette familiarité. Je vous déconseille de faire la même chose à un inconnu dans la rue.

Si vous êtes sûr de la qualité de votre contribution, vous pouvez tout à fait poser une question intelligente, apporter une réponse décisive, faire un commentaire pertinent dans les premières secondes sur Quora : le site est idéalement fait pour ça. Malheureusement, il a été conçu par des gens dont tous les amis sont prodigieusement exigeants avec eux-même, étanches au charme des .gifs animés de MySpace ou de la langue qu’on parle sur Skyblog. Tous les efforts d’ergonomie sont là pour vous laisser plus de temps pour vérifier votre grammaire, et vous relire en vous demandant : Qu’est-ce que je pourrais améliorer à cette réponse ? Par exemple, le champs pour poser une question est couplé avec le moteur de recherche qui vous suggère d’autres questions déjà posées, pour vous contraire à chercher des questions avant de la poser à nouveau. De même, les commentaires négatifs sont pré-écrits pour éviter que la critique tourne aux insultes.

Leurs amis ont un autre défaut : ils viennent de tous les pays du monde, mais parlent exclusivement anglais.

Deuxième consigne donc, propre à vous, mes lecteurs : pas de français. Le site est strictement anglophone. J’imagine que la plupart d’entre vous auront suivront surtout des français, et que ça paraîtra étrange de discuter dans une langue qui n’est pas la votre — mais en dehors des messages privés, respectez cette consigne tant qu’il n’y a pas de fonctionnalités pour vous évitez de voir votre News Feed remplie de message en bahasa, bantou, suomi, catalàn, klingon, et autre farsi. Beaucoup des contributeurs plus influents que moi sont d’origine chinoise (une langue qui aurait nettement plus de raison d’être acceptée et qui aurait été plus facilement distinguée) et même pour eux, la réponse a été ferme. C’est possible qu’avec l’expansion du site, on rajoute des versions internationales, ou des filtres ; je viens de rajouter un mot dans ce sens.

Enfin, un détail : sur Azerty, il y a un problème quand vous tapez « 2 ». La solution consiste à copier-coller un autre « 2 » à l’écran, sur la même page, ou sur le bloc-note.

Encore une fois, ces consignes ne sont pas des reproches, ce sont des conseils pour profiter pleinement du site. J’imagine que mon billet fait un peu l’effet d’une douche froide après tous les billets enthousiastes sur « le nouveau twitter » et autres promesses de grandeur. Soyons honnête : vous venez parce que le site a un contenu unique et parce que ceux que vous admirez y sont actifs. Ces règles sont pour eux des règles de respect élémentaires et la seule manière de garantir la disponibilité de ce contenu. Ils n’ont pas envie d’expliquer pourquoi leur témoignage sur la manière dont ils ont changé le monde doit être mis sur le même plan qu’un commentaire… disons adolescent. Ils n’ont pas envie de se faire appeler “social media expert” (un titre abusé par tellement qu’il est devenu une insulte pour la plupart des membres actifs du site). Sinon, ils partiront avant que vous ayez trouvé leurs contributions.

Pour résumer : vous êtes les bienvenus, mais —comme sur Wikipédia— ça n’est pas parce que vous pouvez participez que vous devez le faire tout de suite et sans modération.

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Mise à jour : Ce message était le premier, après ce que j’avais vu sur Quora. Depuis, j’ai écrit d’autres billets thématiques ; n’hésitez pas à les lire aussi.

À propos de Bertil

I'm a PhD student in Digital Economics, and I love viennoiserie. Je suis un doctorant en économie (numérique) et j'aime la viennoiserie.
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84 réponses à Quora — Juste pour vos yeux

  1. Pingback: Tweets that mention Quora — Juste pour vos yeux. | Deux croissants -- Topsy.com

  2. baptiste dit :

    Merci pour cet article très détaillé, on a un vrai panorama avant de commencer.

  3. Pingback: Youngplanneur - Quora, le reseau des questions/réponses

  4. Pingback: Quora

  5. Quentinb dit :

    Bonjour,

    Vraiment intéressant. Je trouve que c’est génial comme principe mais me demande si c’est viable une fois que c’est "ouvert" au public.

    En fait, je me posais surtout une question par rapport au contenu même de Quora. Potentiellement, il est énorme mais qu’en est-il réellement?
    Ce que j’aimerais savoir, plus concrètement, c’est ce qu’il en est des questions juridiques (tout domaine), et, plus particulièrement, par rapport aux droits intellectuels et droit et nouvelles technologies.

    Avant de me mettre en quête d’une invitation, je voulais savoir si le contenu pouvait m’intéresser plutôt que de gaspiller éventuellement une invit’.

    Merci.

  6. Joseph_co dit :

    Merci pour cet article vraiment complet sur Quora. :)

  7. Pingback: Arubox.com | Quora, ce nouveau réseau social est-il destiné à tout le monde ?

  8. Pingback: Quora / Impréssion / Tuto ! - Alleluja Reflex

  9. manoda dit :

    Votre approche et votre décryptage sont sincèrement intéressants
    J’aimerais mieux comprendre la dynamique interne de quora : cela fonctionne t il sur des logique de quêtes? Comment explorez vous? Qu’est ce qui vous guide? LEs gens, des mots, des questions? Les visualisations des contenus et interactions sont ils retranscrit de manière heuristique (mindmap) ou sinon, quelle est la logique.
    SElon vous, comment accélérer encore plus la dynamique et les interactions entre chauqe participants. Comment les pouser à sans cesse ouvrir encore plus leurs propres réseuax pertinents. Une logique de gameplay me semble pertinente sur ce genre de problématique.
    Personnellement, je trouve assez juste qu’on ne demande qu’aux personnes qui semblent réellemetn contributrices de contribuer. Et imaginons cela appliqué à des logiques de services publics ou de design social, ça pourrait donner qq chose de démentiel (surtout si les temps de travail en ligne sont relayés par des temps concrets de prototypage et d’expérimentation "publique"
    Bref, ça commence à sentir la réelle intelligence collective.
    Merci
    Je sserais curieuse d’explorer plus amplement, savez vous où trouver une invitation (comme vous le dites, (et comme bp de formes de transmissions l’enseignent), je ne parlerai que lorsque que je serai certaine d’apporter réellement qq chose à la conversation, et cela demande bp bp bp d’observation en amont)

    Merci en tous cas.
    marienoeline / nod-a

  10. mygreg dit :

    personnellement, je suis beaucoup plus réservé sur l’utilisation de l’outil et par extension sur votre article.
    j’ai l’impression partagée par quelques unes de mes connaissances, que quora est juste quelque chose réservé à quelques happys fews. Ces mêmes personnes qui se sentent le droit avec plus ou moins de condescendance de vous faire la "leçon quora".
    Aucunement dans cet article, pour quelqu’un qui se dit "gaulois le plus actif", je n’ai vu dans cette article aucune bonne raison de revenir sur quora. Si c’est pour regarder des huiles se mousser entre elles, j’ai déjà mon twitter pour ça. Et je vous assure, que c’est beaucoup plus intéressant.
    Quand je suis arrivé sur quora, c’était vraiment avec plaisir. Quand j’en suis ressorti, c’étais plutôt du dégout. Quora n’est finalement pas du tout quelque chose qui fait que le web est ce qu’il est aujourd’hui : partage, expérience, etc. On a juste l’impression d’arriver dans une fête seul, avec un groupe d’amis pré-établis, avec ses propres codes, et où l’on est obligé de se faire adouber pour avoir le droit de boire un verre. Vous sentez le malaise ?

  11. Bertil dit :

    Merci pour vos commentaires.

    Je trouve que c’est génial comme principe mais me demande si c’est viable une fois que c’est « ouvert » au public.

    Quora est ouvert au public depuis des mois (huit, je crois). Il y a énormément de questions sur le site pour savoir comment le site peut gagner de l’argent, grandir, garder le contenu d’aussi bonne qualité, selon ce que vous entendez par «viable». Pour aller vite :

    Oui, après des décennies de dynamique sociale en ligne, les concepteurs et modérateurs savent comment garantir cet équilibre et qualité des contributions. Ils ne sont pas étanches et autonomes, et ce billet est un exemple parmi des centaines d’efforts pour imaginer comment préserver ça, et faire respecter les règles existantes. Clay Shirky, qui a commencé à réfléchir formellement à ça depuis 2000 est très cité (il passe à Paris en fin de mois, il sera reçu entre autre par Microsoft à Issy dans le cadre des conférences RSLN). C’est en fait la première qualité que je cite, en tête de billet — et la raison même de mon billet : nous savons que les nouveaux peuvent tout casser, et comment éviter ça.

    Pour l’instant le site se concentre sur les nouvelles technologies et la Californie : il y a pas mal de choses sur le droit autour des investissements dans ces sociétés innovantes, et le droit des biens immatériels (j’ai promis d’arracher un doigt à la tenaille à mes étudiants s’ils écrivent « propriété intellectuelle » dans leur copie). Jon Zittrain, par qui j’ai connu le site, est un prof de droit. Dans des domaines comme le traitement massif de données, design interactionnel, la promotion de logiciel, Quora est irremplaçable, comme Hacker News. J’y ai trouvé d’autre sujets, mais socialement assez liés (un peu comme les associations que l’on peut voir sur reddit) : la politique économique, la finance, la critique des religions, le féminisme, le régime paléolithique, etc., mais volontairement sans aucune des blagues récurrentes habituelles. Quora est moins décisivement central dans ces domaines mais peut sans difficultés abriter des discussions sérieuses, et devenir rapidement une référence.

    Il y a certainement d’autres thèmes plus variés que j’ai raté puisque, je ne vois que mes amis et nos centres intérêts. Par exemple, j’ai découvert tout à l’heure la galaxie ‘Filles et maquillage’. Sinon, je suis actif sur le tourisme à Paris, de part mon adresse et je consulte les pages Cuisine : on est encore loin de l’exhaustivité du Guide du Routard, ou de Marmiton mais on peut imaginer que ça couvre mieux ces demandes rapidement. C’est dans ces domaines moins centralisés, où l’empathie et la subjectivité sont aussi important que l’expertise, que Quora m’a le plus surpris : il y a un intermédiaire stable entre le forum et la conférence.

    La comparaison à Wikipedia est revendiquée, et j’imagine volontiers Quora suivre le même chemin : commencer avec des lacunes grave sur l’histoire de France, et das cathédrales sur l’open source et le Klingon, et attirer de proche en proche la plupart des domaines « sérieux », jusqu’à tout couvrir.
    De plus, Quora a déjà de très bons classements via Google — je l’imagine volontiers devenir comme Wikipédia ou Urban Ditionnary, la première réponse à la plupart des requêtes factuelles, un site qu’on consulte sans penser que l’on peut contribuer.

    Contrairement aux sites comme HN ou reddit qui ont une première page décisive, la page d’arrivée sur Quora est, comme sur Facebook, un flux totalement personnel (qui gère l’anonymat de manière saisissante, par exemple) — on peut donc imaginer la même échelle d’audience, sans jamais avoir de désintérêt.

    L’ambition affichée est de devenir ce que Wikipedia a refusé d’être en interdisant aux auteurs de signer et en ne permettant pas de contrôler subjectivement un article. Sur Quora, si un expert ou un témoin parle, il sera respecté ; un anonyme bien informé aussi. À ce titre, Quora pourrait être plus journalistique qu’encyclopédique : le site a fait ses preuves dans plusieurs affaires, « Angelgate » notamment. En revanche, pour sortir de la niche technologique, l’américano-centrisme va poser problème, d’où mon billet sur l’internationalisation.

    Pour terminer de répondre : Est-ce que le site est viable financièrement ? Il n’y a pas encore de source de revenus, mais la popularité exponentielle à qualité constante rassure les investisseurs. Il n’y a pas de modèle d’affaire déclaré, mais tout me paraît possible : campagne de donations, promotion internes de page commerciale, recommandation commerciale, intéressement à certaines transactions payantes ou promotions ciblées — je fais confiance aux dirigeants pour trouver en temps et heure, sans tuer la poule aux œufs d’or.

  12. Sycophante dit :

    Pas d’humour, un outil complexe, obligation d’utiliser l’Anglais… Bon, veuillez me pardonner cette remarque triviale, mais après l’avoir essayé, je trouve Qora très "prout-prout". Personnellement, ce n’est pas comme ça que je conçois Internet. Je crois qu’il y a un juste milieu entre les skyblogs "tro klass" et ce site élitiste qui n’est rien d’autre qu’un ghetto hype anglophone à mes yeux…
    Mais bravo pour cet article intéressant !

    • oyo dit :

      Merci d’avoir réussi à exprimé avec politesse tout le bien que j’éprouve à l’égard de quora. Rien que l’obligation anglophone est STUPIDE, je trouve que la connaissance n’a de sens qu’en latin, comme la messe.

      Et Keith Rabois a beau être riche, cela ne me dit pas qu’il est intelligent ou cultivé. Comprendre: Paris Hilton pourrait acheter la sillicon valley mdr et pas lol.

      • Bertil dit :

        Rien que l’obligation anglophone est STUPIDE,

        Je suis sûr que vous êtes capable de faire un commentaire plus intelligent que ça.

        Keith Rabois a beau être riche, cela ne me dit pas qu’il est intelligent ou cultivé.

        Je n’ai pas dit qu’il était riche, j’ai dit que c’était un des investisseurs les plus influents du secteur, ce à l’issue une longue carrière : ça veut dire qu’il est à la fois très intelligent, très travailleur, très investi dans ce qu’il fait, très facile à vivre, et qu’il a beaucoup d’entregens. Paris Hilton est loin d’être idiote, mais vous ne me lirez jamais écrire du bien d’elle ; de plus, je doute qu’elle dispose des fonds pour “acheter” la Silicon Valley : la valorisation des sociétés se compte en centaines de milliards de dollars, surtout depuis qu’elle a été déshéritée.

        • oyo dit :

          oui je pourrais faire plus long mais le débat est déjà bien lancé sur quora. disons simplement que la personne la plus versée dans un domaine, ne maîtrise pas la langue anglaise de la même manière que son langage natal. tout comme une personne cherchant une réponse pourra avoir des soucis de compréhension et même être déservi (une erreur de traduction par ex). ou encore plus simple, formuler une question de manière simple, complète et correcte peut devenir un véritable cauchemar.

          et puis par exemple cette question http://www.quora.com/What-is-the-best-overall-design-team-in-Silicon-Valley-and-why

          même pas de référence temporelle (au 20ième siècle, en 2010???)
          personnellement, la question me semble peut pertinente voir d’un intérêt quelconque. "en 2010, le travail de quel équipe de design vous a le plus marqué et pourquoi?" eu déjà été mieux. d’un autre côté, n’y a t il pas déjà assez d’award pour avoir une réponse…professionnelle? (d’autant que pierre, paul ou paris amèneront une kyrielle de réponses avec ou sans intérêt). C’est là que je rejoint Sycophante dans sa description.

  13. Bertil dit :

    J’aimerais mieux comprendre la dynamique interne de Quora : cela fonctionne t il sur des logique de quêtes? Comment explorez vous? Qu’est ce qui vous guide?

    Le participants sont différents : les plus actifs font ça parce qu’ils cherchent du travail, ou à montrer leur compétence, à d’autres spécialistes (ça serait mon cas, surtout en commençant) ; les plus admirés pour corriger des incompréhensions (fondateurs et investisseurs notamment) ; pour apprendre à comment écrire pour être lu (c’est ce que c’est devenu pour moi, et le but de mon billet : lisez, pour apprendre).

    Il n’y a aucune logique de points, de badges et de parcours. La plupart des spécialistes du design interactionnel considèrent que ces éléments sont des gadgets, utiles s’il sont bien compris, mais qui gagne souvent à être implicites. Avec les jeux sur Facebook et iPhone, y a eu une vague d’enthousiasme, très décriée par les spécialistes, et sur Quora notamment. Ils pensaient qu’autant de sollicitations comprenait mal la séparation des contextes, émousserait les réflexes et la volonté de ceux qu’on veut aider, et seraient comme trop de sucreries. Elle a culminé, pour moi, avec la sortie de “Epic Win”, une application pour transformer sa liste de choses à faire en un jeu de rôle, et une présentation à conférence qui promettait que, dans dix ans, on jouerait en permanence, pour avoir des points pour tout, se brosser les dents. Il y a des circonstances qui demandent des encouragements explicites, récurrents (la perte de poids, par exemple) mais ça demande en général plus de nuance, et certainement sur Quora.

  14. Matthieu Bué dit :

    Je n’en suis qu’à la moitié de ton post, et je suis heureux de voir que ce que tu décris est exactement l’idée que je me fais de Quora, et que tu conseilles les précautions que je me suis imposées.
    Bon, je continue…
    … voilà, terminé.
    Je n’ai pas souvent l’occasion de lire des posts de cette qualité, et en français de surcroîts. Merci beaucoup pour cet effort !
    Ta description de Quora correspond bien à l’idée que je m’en étais fait en 2 jours de visite, et tu as répondu à mes dernières interrogations. Je n’ai cependant pas très bien compris l’histoire du @.

    Si tu le permets (et je pense que oui), je vais garder ton post en référence pour les nouveaux inscrits que je verrai sur Twitter.

  15. Pingback: Quora

  16. Pingback: Quora

  17. Florian dit :

    Bonjour

    Article très intéressant sur ce nouveau réseau, et que je n’ai pas encore eu le plaisir de parcourir, par curiosité.
    Du coup, avec toutes ces consignes en tête, j’aimerais voir à quoi cela ressemble.
    Savez-vous où je peux me faire inviter à rejoindre Quora? Peut-être pouvez-vous m’inviter?
    Merci par avance

    • oyo dit :

      Si personne ne le fait, je me propose de vous inviter. Cependant, il me faut une adresse mail.

      • oyo dit :

        Malheureusement, je ne peux vous inviter (ai essayer de m’auto inviter sur un autre mail et j’ai erreur 500 dans le meilleurs des cas)

      • oyo dit :

        invites fonctionnent à nouveau.

      • chapichapo dit :

        Bonjour, je me permets de rebondir en voyant votre commentaire, je serais très intéressé par l’utilisation de Quora mais n’ayant personne qui puisse m’inviter, je ne peux pas l’utiliser.

        Pourriez-vous m’envoyer une invitation ? Ca serait vraiment très gentil de votre part ^^

      • Bonjour,
        Je suis passionné par le web depuis toujours, et suis son évolution avec beaucoup d’intérêt.
        Je vous serai reconnaissant de m’inviter sur Quora dans la mesure de vos possibilités.

      • LudoCH dit :

        Je suis tombé ce matin sur ce post très sympa ! J’aimerai bien avoir une invitation, car Quora m’intéresse beaucoup, bien que quelques avis montrent une communauté arrogante, cela me tente beaucoup !

    • Bertil dit :

      J’ai envoyé des invitations par courrier à Florian, chapichapo, thierry geufroi et LudoCH. Pensez à utiliser vos noms civils sur Quora, et… j’ai déjà dit ce que j’avais à dire dans mon billet.

  18. Pingback: Quora - Premières impressions sur un réseau social très élitiste | LE GLOB DE BARGEO

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  20. Pingback: Quora

  21. Yann dit :

    C’est exactement ce que je craignais, et que j’ai déjà fait part sur Quora. Ce site a les même défauts rédhibitoires à mes yeux que Wikiepdia : sa communauté. Elle est arrogante, convaincue que seule leur vision de la connaissance et de la façon de la mettre en forme est la bonne et surtout elle est anti-communautaire (puisqu’elle veut protéger une élite plutôt que de se baser sur l’apport de chacun).

    Bref, la désagréable impression que j’ai eue dès mon arrivée sur Quora se confirme avec cet article de blog. Quora ne sera qu’une manière de plus pour des spécialistes (quelques fois légitimes, quelques fois auto-proclamé) de renforcer leur personnal branding en produisant un contenu pseudo-exclusif, il n’y aura aucune valeur ajoutée à ce qu’on pourra lire sur les sujets abordés partout ailleurs sur le net et surtout il n’y aura aucune interactions avec la populace.

    Et bien, toute populace que je suis, j’irai encore traîner mes guêtres quelques temps sur Quora, pour voir si ça m’apporte plus qu’un Yahoo Answer (pour le moment, les réponses que j’ai lues étaient de ce niveau).

    • oyo dit :

      les réponses ou les questions ^^

    • Bertil dit :

      J’ai davantage vu des spécialistes être vexés parce que Wikipedia négligeait leur légitimité extérieure —une erreur de compréhension de l’interdiction d’être une source primaire, que les blogs ou Knol n’ont pas su résoudre— mais oui, toute organisation importante, bien intégrée, a besoin de discipline. Ça n’est cependant pas le cas de Quora : comme sur Facebook, si vous publiez sur un compte ou sous des tags que je ne suis pas, je me moque de ce que vous faites. À terme, les règles seront certainement beaucoup plus locales. En revanche, pour l’instant et parce qu’on partage des centres d’intérêt il y a peu de chance qu’on ne se croise pas, et que votre ton n’influence pas mon entourage. La maintien d’un équilibre constructif a donc besoin de règles de bases — mais reconnaissez qu’elles sont minimales : vérifier que vous apportez quelque chose avant de contribuer ; et c’est tout. Utiliser son identité civile, c’est pour permettre au site d’être universellement utile et lisible, et pas un repère de codes geeks. La langue unique est le fruit d’un choix malheureux de fonctionnalité, par des gens qui n’ont pas l’habitude de ce problème, et devrait être résolu rapidement.

      Quora ne sera qu’une manière de plus pour des spécialistes (quelques fois légitimes, quelques fois auto-proclamé) de renforcer leur personnal branding en produisant un contenu pseudo-exclusif […]

      […] plus qu’un Yahoo Answer (pour le moment, les réponses que j’ai lues étaient de ce niveau).

      C’est ce que j’ai, avec tous les vétérans de Quora, en abomination. C’est ce qu’on a vu débarquer, avec leur cour de thuriféraires, et qu’on ne sera pas, mathématiquement, capable de résorber sans un peu de remise en cause de la part de personnes qui n’en sont pas très capables.

      il n’y aura aucune valeur ajoutée à ce qu’on pourra lire sur les sujets abordés partout ailleurs sur le net et surtout il n’y aura aucune interactions avec la populace.

      Deux incompréhensions : Quora a, depuis un an, été la source de toutes les analyses et les informations les plus pertinentes qu’on a pu lire sur ses sujets de prédilections. Remontez chaque papier à sa source. Plus en aval, l’interaction avec le monde entier, au-delà des gens que vous décriez, réclame de rappeler les règles de société à des geeks, et c’est ça qui fait mal aujourd’hui.

  22. djoolien dit :

    Bonjour et merci pour cet article qui est pour moi le premier à vraiment présenter le fond de quora, son âme et son état d’esprit, qui ont l’air d’être vraiment sa force.
    J’aimerais pouvoir tester ce site qui m’a l’air prometteur… Qui sait, un jour peut être ^^

  23. Mathieu dit :

    Ça respire le oldfag. Quora c’est le 4chan ou le cp est remplacé par des longues discussions intelligentes.

    • Bertil dit :

      Sur 4chan (ou reddit) je suis un oldfag —pas d’ambiguïté là-dessus— mais sur Quora, ça n’a pas de sens. Les règles sont là pour intégrer au plus vite les nouveaux venus : la visibilité de la réputation est dans une langue courante, lisible par tous, même par ma mère qui a peur des ordinateurs : il n’y a plus d’implicite (« Pourquoi ton pseudo est écrit en bleu ? — Et, c’est quoi un modo ? ») l’autorité de quelqu’un qui répond est écrite en noir, à coté de son nom. De même, les critiques doivent être justifiées, précises, constructives — ce qui est normalement le cas ; c’est juste que cette exigence est menacée par l’afflux récent. On ne peut pas faire un commentaire pertinent pour améliorer une question complétement kikoolol, poliment reprendre les 15 réponses à une question mal posée, ou expliquer à un type arrogant pourquoi son statu de “blogueur influent” ne t’interdit pas de suggérer de respecter l’orthographe. (Trois des dizaines de cas qui m’ont bien occupé cette nuit.)

      Mais, pour en arriver là, il faut désapprendre leur réflexe à tous ceux qui ont appris à publier d’abord, réfléchir ensuite.

  24. Pingback: Quora

  25. Pingback: Quora

  26. Skhaen dit :

    Merci pour cet article, je suis arrivé hier sur Quora et je n’avais pas spécialement accroché à ce que j’avais lu. Cet article me montre que je n’ai pas vu le plus intéressant et que le système est en fait ce que j’attendais (et ce qui me manquais sur twitter et/ou facebook).

    Merci à vous d’avoir pris le temps de le faire.

  27. Pingback: quora : avez-vous votre permis de poser des questions ? | MYGREG

  28. Pingback: Je suis débordé par Quora, mais je t’invite! « JCFrogBlog II

  29. Dodot dit :

    Merci pour cet article, c’est très différent de ce que j’ai pu lire ailleurs (sur Owni par exemple). Tout ça me laisse un peu perplexe : je me demande si je vais adorer ou si je vais détester. En attendant, si tu as une invitation, je pourrais me faire ma propre idée ;)

  30. martine c. dit :

    Bonjour,

    je trouve votre article remarquable par sa précision, son ton modéré et son souci de "faire comprendre" le sens et pas seulement les régles. je suis également très intéressée par votre façon de répondre aux critiques, de façon mesurée, en évitant la polémique. je vous remercie de ces illustrations d’une communication modérée et orientée vers l’échange. c’est une bonne source d’apprentissage.

    j’ai demandé hier à bénéficier d’une invitation pour Quora et je n’ai pas encore vérifié le résultat de ma requête. mais j’en viens à me demander si le lieu est fait pour moi. un peu comme un réserve naturelle superbe dont les visiteurs, même admiratifs, perturbent l’équilibre. et après tout, quelle expertise puis-je apporter sur des thèmes tels de innovation réseéaux sociaux et investissement web 2.0 ? je reste toutefois curieuse d’aller voir, si l’occasion se présente.

    bonne suite à Quora. je pense que les sites d’expertise sont "condamnés" à se développer, progresser puis attirer un suivi de masse contraire à leur vocation… et créer de nouvelles colonies ailleurs en attendant d’être "découverts". toutefois, ils se bonifient sans doute à chaque expérience et création, en tirant parti du passé.

    bonne journée.

    • Bertil dit :

      Est-ce que vous voulez que je vous en envoie une invitation à l’adresse que vous avez indiqué ?

      J’ai pris l’image de la réserve pour montrer l’équilibre nécessaire entre qualité et respect — mais mon père est biologiste, donc ça n’a jamais été pour moi un lieu auquel on ne touchait pas, au contraire. Peut-être un musée où on vous demande de ne pas peindre sur les murs, mais remplis des artistes bientôt célèbres serait plus approprié, quoi que. J’ai essayé de corriger le tir avec un second billet.

      Votre modèle est débattu avec passion sur Quora, en général désigné comme « evaporative cooling » (les membres les plus intéressants, présumés chauds, « s’évaporent » laissant la communauté plus froide, bien qu’on la chauffe). Comme vous le verrez si vous suivez le débat, je suis plutôt hostile à cette vision, parce qu’elle présume une hiérarchie relativement stricte entre membres, bien visibles, au moins des plus anciens — ce qu’on observe dans la pratique, ce sont des comportements très différents, complémentaires, et difficile à ordonner par autorité : les modérateurs ont tout pouvoir, mais n’écrivent pas les billets les plus applaudis, ils s’occupent surtout des tâches ingrates, et de défendre les décisions impopulaires ; les membres populaires sont potaches, mais entre facilement en conflit, ils sont admirés par les moins influents, et regardé avec suspicions des autres ; la confiance est surtout accordée à des contributeurs réguliers, mais lents, décisifs ; l’extérieur assidu joui d’un capital de surprise — etc. Bref : au-delà des premiers jours de découverte d’une communauté, où c’est plus de la maladresse que de l’incompétence qu’on sanctionne, le groupe est plus homogène que ça. Si le ‘karma’ n’est pas uniforme, mais par exemple, distribué sous la forme d’un réseau d’intéressés, il y a plus de diversité horizontale que verticale, même si chaque membre à sa métrique, et sa projection.

  31. grmin dit :

    Mis à part l’élitisme, l’envie de rester "entre soi", je ne saisis pas l’intérêt de l’obligation anglophone sur Quora.

    Le prétexte invoqué selon lequel cela empêcherait de devenir une tour de babel me semble fallacieux. En effet, ce prétexte quel est-il précisément ?
    Que l’on verrait sa liste polluée par des commentaires en chinois, swahili ou français. Mais pourquoi en serait-il ainsi ?

    Il suffit, pour l’éviter, d’une règle unique : répondre à une question dans la langue dans laquelle elle est posée. Si l’on ne veut pas avoir de français dans sa liste, il suffit de ne pas aller chercher de questions en français, de ne pas y répondre et c’est comme si le français n’existait pas.

    Ceci fonctionne très bien et de manière implicite pour twitter et ne pose aucun problème.

    Et si cette règle rigide (pardon pour le pléonasme) était un manifeste politique visant à maintenir l’emprise de l’anglais sur le net et, surtout, à en exclure le chinois ?

    • Dodot dit :

      Je pense que c’est temporaire, en attendant le support officiel d’autres langues, pour éviter de mélanger les contributions dans toutes les langues. Et puis ce serait dommage de ne pas pouvoir lire la réponse d’un Chinois à une question posée par un Allemand, pour moi qui ne parle aucune de ces deux langues !

    • Bertil dit :

      L’argument est de moi, et il n’est pas le seul que j’ai proposé depuis deux jours (Je me suis un peu éparpillé, pardon.)

      Vous avez en tête le fonctionnement de twitter, qui a des fonctionnalités de filtrage très efficace : par exemple, mon compte @bertil_hatt est anglophone par défaut, mais régulièrement francophone, quand je m’adresse à un ami (et seuls nos amis communs sont dérangés). Sur Quora, si vous suivez quelqu’un, vous voyez ses réponses, les questions qu’il pose, les questions qu’il suit. En l’état, le site ne peut pas filtrer des contributions par question. Plus gênant, vous n’anticipez pas ce que doit faire un polyglotte, s’il a une question importante : multiplier les entrées, ou avoir une question en trois langues, avec des communications imparfaites entre les réponses ? Et ses amis bilingues répondent à laquelle ? Qui traduit la réponse, qui a le bénéfice de l’attribution ?

      Les responsables du site ne se sont pas posé la question. Leur point de vue est certainement plutôt on n’a pas pensé à comment le faire ; on s’en occupera quand on aura calmé les 500 milles fauves qui viennent d’arriver ; et il va falloir recruter des modérateurs, pour chaque langue, mais avec quel budget? Le réel problème, c’est que c’est une question importante, qui décidera du succès du site à l’international et qui réclame de méditer un peu plus que ça — ce qui n’est pas peu dire pour un site qui pousse la réflexion sur la dynamique sociale aussi loin. Ajoutez à ça les soucis techniques (alphabet, translittérations, détection, encodage du sens de lecture, etc.) et vous avez plus d’emmerdes que ce que vous voulez gérer quand la maison brûle.

      Et si j’insiste, c’est pour vous évitez la confrontation avec les habitués non-francophones qui sont nettement plus… disons, fleuris : Imaginez que, par exemple, des Japonais débarquent sur Dailymotion en 2005, et remplissent tous les classements avec des vidéos de karaoké, ou des messages de répondeurs vidéos, up-votées jusqu’au ciel, et algorithmiquement indélogeables. La moindre nouvelle catégorie est prise d’assaut aussitôt. Vous en pensez quoi ? « Bienvenue, bien sûr ! » ? Ou vous préférez qu’ils arrêtent, le temps qu’on trouve un moyen de réorganiser le site ?

  32. Amylee dit :

    Merciiii, le post est très bien fait, je l’ai donc RT sur mon Twitter !!!

  33. LuD-up dit :

    Que les utilisateurs de ce réseau de veulent pas que celui-ci devienne une vulgaire mode qui attirerai ceux qui font baisser le niveau de Twitter est compréhensible, mais pourquoi bannir l’humour qui est encore plus pertinent dans ceux qui en font sont dans une sorte d’élite? C’est le seul point qui me refroidit un peu de mendier une invitation.

    • Bertil dit :

      Sur l’humour, je laisse la parole à Xianhang Zhang, dont le blog est une source intarissable d’analyse très précieuse de la politique d’interactions sur Quora :
      http://blog.bumblebeelabs.com/social-software-sundays-1-humor-on-the-web-how-to-stop-it/

      Schématiquement : en ligne, l’humour tourne inéluctablement à la référence potache, obscure, et exclu rapidement les nouveaux venus. Aussi surprenant que ça puisse vous paraître : toute la politique de Quora vise à rendre le site accessible à tous. Vous êtes dans une marge qui a exploré un web expérimental, irrévérencieux, étanche à la réelle majorité du monde.
      Vous avez exploré avec plaisir Encyclopædia Dramatica ou UrbanDictionnary pour comprendre ce que les jeunes cools se racontent. La majorité des plus de 40 ans n’adhèrent pas — du tout. Demandez aux publicitaires. La majorité des moins de 40 ans ne comprennent pas non plus, que ça soit l’anglais, l’humour, les acronymes, etc. La conscience d’être universellement lisible est omniprésente — c’est pour ça par exemple que, j’ai utilisé une référence culturelle bien connue aux États-Unis (Catch-22) comme un mauvais exemple dans mon billet sur Quora pendant de celui-ci.

  34. Marc dit :

    Bonjour,

    Je suis un bloggeur actif sur le web depuis plusieurs années et je serais très intéressé à découvrir Quora.

    Si quelqu’un pouvait avoir l’aimabilité de m’inviter je lui en serait éternellement reconnaissant! => surchat(at)gmail.com

    Merci =)

  35. Jordan dit :

    Bertilou, tu m’as snobé sut Twitter alors je te pose la question ici… Tu dis : "la raison même de mon billet : nous savons que les nouveaux peuvent tout casser, et comment éviter ça."
    Ce qui m’intéresse c’est justement comment tu penses que c’est évitable. Si l’économie de ce réseau social encyclopédojournalistique est si particulière, comme il semble que tu le décrives, et que celle-ci est fragile, comme il semble que tu le reconnaisses, quid de sa survie alors que la majorité des nouveaux utilisateurs ne prendra pas la peine de respecter tes conseils, sera probablement attirée par les fils de discussion avec des pontes en leur domaine, et risquera, sans aller jusqu’à la vulgarité ou au trolling pur et simple, de gentiment les pourrir ?

    • Jordan dit :

      Tu esquisses des pistes dans ton deuxième billet…
      Je ne comprends pas la seconde : "l’ensemble des participants acceptent (comme le font par exemple les New Yorkais) qu’une célébrité, ou que son voisin, a des attentes raisonnables et qu’on peut enfreindre vie privée sans ménagement. Même si vous avez une blague très drôle en tête."
      Si des utilisateurs avertis ont déjà déserté, combien selon toi seront prêts à être actifs dans l’accueil et le pilotage des nouveaux arrivants ?
      Comment éviter, sans parler d’élitisme condescendant, là n’est pas la question, que les plus éminents contributeurs ne trouvent plus leur place dans une communauté en forte croissante, donc forcément en mutation, même si le pari d’en garder l’esprit intact est gagné ?

      • Bertil dit :

        La communauté a plus que triplé entre mon arrivée et la semaine dernière. La plupart des gros bonnets se sont fait rares, mais ne sont pas encore partis. Scoble est arrivé.

        Comme indiqué au tout début de mon premier post je ne crois pas trop à la présence des stars du web : Arrington, Scoble ont déjà un support de communication, savent écrire et réagissent déjà à leurs commentaires. Il y a les petites mains derrière les gros projets : du type qui a été dans toutes les bonnes boites une par une, avant qu’elles ait 50 employés ; au stagiaire génial et encore timide ; au mec qui a la gniak mais qui n’a pas eu de bol — qui sont nettement plus intéressantes, et qui restent actives. Elles vont avoir besoin d’être rassurées, mais même si ça n’est pas tendre, l’agressivité de Lucretia par exemple, les réconforte manifestement. Et puis, ils tirent de ce site une notoriété qu’ils n’auraient jamais ailleurs, et qui est précieuse sur le marché du travail. Il y a les très gros bonnets (Boz, Zuck, les CEOs du Nasdaq) qui postent par monosyllabes sur des questions auxquels eux seuls peuvent répondre. Ça peut paraître superficiel, mais ce sont des cris de ralliement lapidaires, qui ne devraient pas disparaître — le taux de commentaire a l’air de rester constant entre trois et cinq (dont un con) et les fonctionnalités facilitent nettement leur contribution. D’après ce que je vois, le gros de la modération est faite par les wannabees : ils n’ont rien de spectaculaire à raconter, mais ils connaissent bien le secteur, savent se renseigner, et ont du temps à investir quelque part — et Quora a l’air de réclamer moins de concentration que Stack-Overflow.

    • Bertil dit :

      J’ai snobé personne : je n’ai pas dormi depuis 24 heures ! Mais c’était peut probable que tu aies posé une question comme ça sur twitter, et encore moins que j’y réponde.

      (Et le premier qui m’appelle Bertilou et qui n’a pas changé mes couches quand j’étais petit à le droit à un blame. Grrr.)

      Il y a plusieurs dynamiques possibles, et les modérateurs/développeurs comme les habitués les connaissent bien.

      Première solution : les nouveaux venus sont vraiment caricaturaux, restent entre deux, dans un coin distinct. Il peut y avoir un statu formel, secret ou pas qui les retient de voir le reste, ou juste un groupe de fait, avec des tags qui ressemblent aux autres, mais où les politiques sont très différentes ; pour éviter les franchissements de frontière involontaires, Quora favorise les tags auquel un usager est abonné dans la sélection, et on explique aux nouveaux que « Les types de ‘Facebook (company)’ — ben, c’est des cons. » Ils se vendent de l’expertise social media marketing et des campagnes de SMO entre, avec des Powerpoint-chiffres-clés illustrés par les visualisations de Mashable. C’était déjà en partie le cas : il y a certains tags qui sont des repères de brigands — jusqu’à présent, les modérateurs de-taguent très vite les questions un peu tendancieuses associées aux sujets populaires.

      C’est ce qui s’est passé sur twitter, par exemple, où le groupe des gens qui se sont inscrit avant SxSW ont continué derrière des comptes fermés, à s’en servir comme d’un outil d’envoi de SMS en masse, au sein généralement de clique (des groupes où tout le monde suit tout le monde). Les adolescents ont repris cet usage, un temps — mais l’effort de devoir demander à tout le monde d’être son ami, et les campagnes qui martelaient l’idée que l’outil était pour la presse a un peu tué l’usage.

      J’imagine que le groupe des experts auto-proclamés n’aura pas la discipline, ou l’aide des modérateurs, pour avoir des échanges intéressants et un départ rapide est envisageable, partagés entre le manque d’attention et les coups de pieds s’ils cherchent à s’aventurer là où est l’audience.

      Seulement, ces coups-là risquent d’être insuffisants : les “blogueurinfluents” sont arrivés en offrant des invitations à leur 500 lecteurs/commentateurs. Ça leur garantit assez de votes grégaires et immédiats (quelques dizaines) à chaque réponse pour dépasser les anciens, portés par les votes parcimonieux des habitués. Quora peut donner beaucoup de poids au “Not Helpful” des utilisateurs actifs et bien noté depuis longtemps, mais ça n’est pas idéal non plus de tuer les nouveaux venus. Le réglage efficace risque de coûter cher en essai et en modération.

      La vraie stratégie n’est pas de séparer le bon grain de l’ivraie, mais apprendre aux nouveaux utilisateurs ce qui fait une bonne question, ou une bonne réponse. Suggérer des améliorations, par exemple, est la meilleure forme : l’auteur original ne perd pas la face, la conversation est privée, à propos d’un point précis. Ça peut être mal fait, ou maladroit, mais c’est toujours possible, alors qu’un ‘Thank’ ou un vote positif, c’est plus engageant. Encore faut-il que les nouveaux acceptent de poster assez lentement, et de passer assez de temps sur leur correction pour ne pas dépasser les anciens. Si les premiers doivent juste approuver, et l’autre doit passer une après-midi à réfléchir, il y a une lutte inégale — il faut donc espérer que les nouveaux corrigés corrigeront les autres à leur tour. Pour ça ils peuvent agrandir le bouton, mentionner son intérêt, prévoir des messages par défaut qui sont moins agressifs et encouragent à faire la même chose, etc. Bref : c’est un défi, mais le site est bien équipé.

      Ce qu’il ne faut pas, c’est prétendre qu’avec l’arrivée, le site est mort. Les meilleurs vous croiraient.

  36. ben dit :

    7 mois ? T’es un type super influent en fait.

    • Bertil dit :

      Tu rigoles, mais seulement deux cents personnes qui me suivent après six cents réponses, c’est que je dois être un peu désagréable, voire à la limite de l’érémitisme. C’est un peu volontaire aussi : je n’aime pas la célébrité, ça pousse des gens qui ne me connaissent pas à me dire des horreurs — et j’ai eu ma dose ces deux derniers jours.

  37. Pingback: Quora

  38. Erik dit :

    Bonjour,
    Ce post est très intéressant et donne envie de creuser ce site qui fait la une en ce moment. Auriez-vous par hasard une invitation supplémentaire ? Si oui, je suis preneur. Un grand merci par avance.

  39. Quora fait beaucoup parler sur le Web depuis peu. Mais ne connaissant pas encore ce réseau, je n’ai pas de commentaire à émettre pour l’heure. En tout état de cause Twitter est un vecteur de communication très puissant voire trop… Est ce que Quora a vocation à devenir un réseau social de masse tels Facebook ou Twitter ? A lire vos post il n’y parait pas..
    À suivre(…)

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  42. dav dit :

    ce quora m’a l’air passionnant !! il est possible d’obtenir une invitation?
    merci en tout cas de l’article!

  43. Pingback: bookmarks 01/08/2011

  44. Patrick B. dit :

    Le terme utilisé est bien ecosystème? Mais comme dans la Nature, un ecosystème fragile est voué à disparaître. Un darwinisme tétu nous le confirme.

    Et ce n’est pas en le maintenant sous perfusion qu’il va résister. La solution reste de l’insulariser. Madasgascar préserve ses espèces endémiques par une volonté humaine forte, et une certaine chance politique (diversement appréciée).

    Depuis des mois, Quora rode un système, et l’améliore de façon récursive. Il finira un jour par atteindre des limites qui mettront en péril sa qualité. Et c’est peut-être en train d’arriver.

    Qualité toute relative, car la qualité est un terme de marché, et Quora n’est pas encore sur le marché.

    Peut-être que l’exigence des fondateurs est trop importante. Qu’être d’un niveau supérieur à celui des plus sensibles articles de Wikipedia n’a pas de sens commun.

    Avez-vous eu ses réflexions?

    Quora doit-il être un Q&A destiné aux membres de TED, du forum de Davos, ou à quelques nobelisables?

    ::

  45. Pingback: La Mare du Gof » Blog Archive » Réseaux sociaux et communautaires – 2011/S01

  46. Pingback: C’est quoi ton métier ? | Deux croissants

  47. Pingback: Quora est ouvert, sans invitation | Deux croissants

  48. Docnews dit :

    Bonjour,

    Merci pour ce post et ses commentaires, ainsi que pour vos patientes réponses.

    On peut effectivement mesurer les efforts qui sont faits pour améliorer la qualité des questions (http://www.quora.com/Charlie-Cheever/Commitment-to-Keeping-Quora-High-Quality), bien que, comme indiqué dans l’un des commentaires ci-dessus, le terme "qualité" soit à définition très variable. En effet, d’après vos réponses, j’ai le sentiment que Quora s’est développé autour d’une thématique précise – aussi vaste soit-elle – et que sa communauté de départ se sent très mal à l’aise avec d’autres thématiques, d’où, sans doute, des difficultés à aborder la modération des questions.

    Une suggestion peut-être, concernant la qualité des contributeurs, et notamment des nouveaux, serait, puisque Quora est accessible sur invitation, d’inciter fortement l’invitant à "chaperonner" ses invités au début, en leur prodiguant conseils et méthode, comme vous tentez de le faire ici. Ce système de parrainage est assez courant dans les universités américaines, c’est donc un notion qui ne doit pas être étrangères aux fondateurs de Quora.

    Concernant le niveau de langue et la nécessité d’être claire, permettez une petite remarque : certaines de vos réponses ici même me sont obscures et l’usage d’un vocabulaire docte n’est peut être pas approprié sur un blog destiné au plus grand nombre, du moins à des gens qui ne sont peut-être pas aussi initiés que vous dans votre domaine, mais qui sont peut-être experts dans d’autres domaines qui pourraient utilement grandir la communauté Quora.

    D’une façon générale, ce qui me choque beaucoup, sur Quora, c’est moins la politique de modération pour faire respecter les règles essentielles, que le ton, souvent lapidaire, et la façon (blocage de compte sans même répondre à une explication de l’utilisateur, par ex.), qui révèlent maladresse et manque de tact. On peut objecter que la vague des nouveaux est vulgaire, il est tout de même bien inscrit dans la culture anglo-saxonne de l’accueil qu’on ne saurait abandonner la courtoisie au prétexte qu’on a un rustre en face.

    Enfin, l’afflux de nouveau arrivants d’un seul coup veut-il dire que Quora n’était pas préparé au succès et à la publicité qui en était faite?

    Bien cordialement,
    Kumar

    • Bertil dit :

      À ma connaissance, toutes les interventions des administrateurs commencent par un message direct. De par leur personnalité, les fondateurs, l’équipe et les administrateurs (en majorité bénévoles) ont spontanément une tendance à discuter, expliquer en cas de problème. C’est pour ça que votre réaction me surprend. J’ai plutôt vu l’excès inverse, de tolérance : des personnes qui dépassaient volontairement des règles qu’on leur avait rappelé, et qui insultait les administrateurs mais qui sont restées actives.

      Ils sont silencieux depuis trois semaines sur par mal de questions dont les langues, la modération, etc. mais c’est un trait particulier, hérité de la Silicon Valley : pourquoi expliquer pour annoncer, alors qu’ils feraient mieux de faire et montrer, quitte à discuter sur pièce, après coup ? Ils ont mis en place pas mal de dispositifs (qui sont déjà critiqués) mais plutôt pour ralentir les nouveaux venus et les faire réfléchir à leur contribution. Vous avez raison de penser qu’exclure à froid, c’est surprenant. Que s’est-il passé, exactement ?

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