Vous ne parlez pas de la même chose

Le ton sur mon NewsFeed Facebook monte. J’ai tenté plusieurs fois d’appeler à un peu moins d’agressivité, mais par exemple, quelqu’un qui devrait savoir un peu mieux utiliser les médias sociaux s’est ouvertement réjoui de violences physiques contre un représentant élu de la nation. C’est maladroit.

Je reçois une demi-douzaine de SMS d’amis avant chaque manifestation (pour ou contre) qui m’encouragent à les rejoindre, ne doutant pas de l’importance de mon soutien à leur cause (c’est gentil). Tous oublient que je refuse de participer à toute manifestation politique par principe : on ne trouve jamais d’accord en criant, et la politique doit être un arbitrage de compromis collectif, pas la dictature de (celui qui manipulera le mieux) l’électeur médian.

À la place, j’ai écouté et j’ai posé des questions. Comme face à ces interrogations, on m’a demandé mon point de vue, j’ai pensé plusieurs fois qu’il était temps de le donner. Je pense fermement que vous êtes en désaccord sur deux choses différentes. Ça n’a pas de sens, je sais, mais c’est pour résoudre ça que j’écris ce billet.

Un camp présente le problème comme les gentils ouverts d’esprit contre la haine et l’obscurantisme. Je doute qu’ils convainquent grand’monde en les insultant mais c’est le programme choisi : je n’ai pas lu un seul « Ce que souhaitent les opposants au projet » ou « Comment expliquer l’importance du projet à ses opposants. » En revanche, j’ai beaucoup lu que les opposants sont tout aussi hostiles à ce projet qu’ils le sont à la présence de juifs en France (que pense le Grand Rabbin du projet ?) ; aux unions inter-ethniques (jamais débattues en France) ; à l’abolition du statu indigène (OK, là c’est vraiment drôle) ; à la démocratie en général (l’ironie de celui-là est violente) ; au vote des femmes (la majorité des opposants sont des femmes qui exercent pour la première fois leurs droits civiques contre un projet spécifique, mais passons). Au moins, si vous êtes con, raciste ou réactionnaire, vous savez quel est votre camps — vous n’avez plus qu’à arrêtez de croire que d’autres opposants au projet sont différents de vous, ça serait grossier. Principal point commun des défenseurs du projet, donc : ceux sont des gens qui sont gentils, bons et droits par principe, et qui n’ont pas besoin, ni envie, qu’on étudie leur position en détail. Surtout que leur position est simple : eux sont les gentils, tous les autres sont les méchants.

Parmi les opposants au projet de loi, il y a de tout : des homophobes ; des gens inquiets et que la peur rend agressifs ; des gens adorables qui ont été les seuls à prendre soin de la première génération de séropositifs que les lobbys homosexuels avaient abandonnés, littéralement comme des pestiférés ; des modérés membres du Conseil d’État ; des conservateurs anti-cléricaux et des membres de lobbys homosexuels que tout le monde a consciencieusement oubliés parce que leur présence brouillent à la fois les deux lectures moralisatrices que chaque camps se fait du projet. Mais tous ils ont un point commun : ils parlent beaucoup d’enfants, alors que le projet de loi, non. Donc ils ne sont pas vraiment contre le texte, mais les principes qu’on y attachent, ou plutôt les évolutions futures à anticiper.

Les opposants sont pour « tous » ou « les enfants » parce qu’ils défendent l’idée — l’évidence biologique, plutôt — que tous nous sommes nés enfants d’un père et d’une mère. Je n’ai pas rencontré parmi les défenseurs du projet de personne qui étaient contre cette idée ; non pas contre le fait que c’était le cas jusqu’à présent, mais je n’ai pas rencontré d’homosexuels, en couple ou pas, qui envisageaient de mentir aux enfants qu’ils envisagent d’avoir sur leur origine. La plupart n’ont en fait pas creusé la question, pas autant que Maître Éolas. J’imagine que certains militants souhaitent éditer les extraits d’acte de naissance pour “nier la réalité biologique” ou plutôt tenir compte de progrès à venir de la médecine reproductive, mais je n’en ai pas rencontré. De fait, l’idée serait plutôt de faire refuser à un donneur de sperme ou une mère porteuse tout droit de paternité sur l’enfant — un débat qui est loin d’être neutre ou évident, mais qui porte sur des questions  précises et gênantes, à laquelle personne n’a de réponse évidente : pour les couples de femmes, la plupart des questions portent sur l’exercice de préférence (sexe, maladies génétiques) qui sont présentes pour les couples hétérosexuels ; certaines grossesses (environ 1 %) aboutissent à des malformations congénitales diagnostiquées quelques mois avant la naissance, et on propose alors aux parents de faire un choix qui peut être déchirant, une « Interruption Thérapeutique de Grossesse ». Est-ce qu’un couple d’hommes peuvent demander à la mère porteuse d’avorter ? de porter un enfant non-viable à terme, par attachement à leur valeur ? L’enfant n’est pas toujours viable, mais il l’est dans plus de la moitié des cas, avec des handicaps qui peuvent être lourds et difficiles à vivre, ou pas : trisomie, nanisme. Attendez-vous à ce que la réalité de l’ITG soit re-discutée à cette occasion.

Sur ces questions, il n’y a plus de gentils pour le droit des femmes et des homosexuels contre des méchants Gargamels. Mais ça n’est pas l’objet du texte en cours de discussion. C’est en revanche l’objet de la discussion que réclament les opposants. Je doute que les opinions changent tant pendant une concertation — c’est le principe — mais je ne doute pas que le gouvernement qui n’a pas qu’un programme politique à faire passer mais la paix civile à maintenir gagnerait à organiser quelque chose de… disons moins susceptible de multiplier sur mon NewsFeed Facebook les incitations à la sodomie sur des enfants, fût-elles pensées comme drôlatiques.

Les opposants ont raison de vouloir des clarifications publiques, et de demander aux dirigeants le courage de dire qui, dans cet échange difficile, ils souhaitent défendre et protéger et qui verrait ses intérêts soumis au consentements des autres parties en présence. Je ne suis pas spécialement favorable aux intérêts des uns ou des autres ; je pense que les effets de réactions auront plus d’impact que la législation initiale, donc je serai favorable à un bilan raisonnable régulier pour éviter les sur-réactions. Je suis en revanche très favorable à ce qu’un responsable public reconnaisse ouvertement que ses choix ont défavorisé une partie en présence.

Pres. Joshua Bartlet :
« Je vous ai enflé. Je vous ai arnaqué.
Et pas seulement vous. Un grand nombre de mes électeurs. J’ai trahi les fermes de Concord, Salem, Laconia, Pelham, Hampton, Hudson. Les gars, vous vous êtes fait avoir dans les grandes largeurs. Aujourd’hui, pour la première fois dans l’histoire, le groupe d’Américains le plus nombreux vivant dans la pauvreté sont des enfants. Un enfant sur cinq vit dans un pauvreté abjecte, dangereuse, éreintante, déchirante, sans espoir. Aucun d’entre nous peut imaginer ça. Un sur cinq, et ce sont des enfants. Si la fidélité à la liberté de la démocratie est le code de notre religion civique alors sûrement le code de notre humanité est le service fidèle à ce commandement non écrit : nous allons donner à nos enfants mieux que nous avons reçu. Permettez-moi de m’exprimer ainsi : j’ai voté contre ce projet de loi parce que je ne voulais pas rendre plus difficile pour les gens d’acheter du lait. J’ai empêché un peu d’argent de se retrouver dans votre poche. Si cela vous irrite, si vous m’en voulez, je peux tout à fait respecter cela. Mais si vous vous attendez à autre chose du président des États-Unis, vous devriez voter pour quelqu’un d’autre. »
À la Maison Blanche (The West Wing), sais. 2 épis. 1.

Certes, c’est plus facile de présenter les opposants aux projets comme des personnes qui sont hostiles à ce que deux personnes de même sexe aient des rapports sexuels, ou même une relation durable — et c’est souvent vrai. Mais ça n’est pas l’objet de leur revendication. Ils savent (certains en grommelant) qu’on ne légifère plus le boudoir. Ils respectent la loi, respectez-leur liberté de conscience. Et rappelez-vous : la loi punit l’appel à la discrimination ou la violence. Si mon mur est représentatif, je ne parierais pas que ça soit le camps des gentils qui gagne à faire appliquer strictement ce point-là.

Il y a une clarification qui est mal comprise dans le cas d’une naissance de fait (sans père déclaré) au sein d’un couple d’homosexuelles. Le projet de loi ferait que la conjointe de la mère naturelle seraient alors la belle-mère de l’enfant, pas son « parent #2 », au même titre que le nouveau mari d’une veuve serait responsable de fait, même si à titre officieux, de l’éducation d’un enfant dont il reconnait ouvertement ne pas être le père. Donc pas de fiction biologique, qui inquiète tant les opposants au projet. Ce qui devient possible en revanche, c’est que cette belle-mère puisse adopter l’enfant.

Vous avez le droit de penser qu’un enfant a besoin de modèles des deux genres, et que la parité dans l’éducation est aussi essentielle que dans la représentation nationale. Ça ne changera pas le fait qu’une lesbienne peut ne pas partager pas votre avis, et vous ne pouvez pas plus lui interdire d’avoir un enfant qu’à tout autre femme. La question de l’égalité des belles-mères (lesbiennes) et des beaux-pères (hétérosexuels) face à la situation a été tranchée par la Cour Européenne, mais l’argument du droit des parents me paraît rater l’intérêt supérieur de l’enfant. Tous mes amis ne partagent pas mon avis, mais justement, tout le monde est d’accord avec la conclusion :

La seule réelle conséquence de la loi sur le mariage (et la conséquence immédiate sur l’adoption) est alors que en cas de séparation, le juge puisse décider que la mère adoptive est plus à même d’éduquer l’enfant. Le seul droit que donne le mariage et l’adoption par un couple homosexuel est en fait que la priorité à la garde retirée à la mère génétique et au profit du meilleur parent, selon l’avis d’un juge. Présenté comme ça, je ne connais aucun opposant au projet qui s’oppose aux dispositions effectives du projet. Les militantes féministes sont un peu surprises de comprendre ça comme le consentement à la privation d’un droit par une mère, anticipant que ses décisions futures pourraient ne pas être dans l’intérêt de ses enfants, mais reconnaissent après réflexion la cohérence effective de la démarche parentale. L’idée que le mariage protège non pas les couples aimant mais les enfants de couples déchirés est surprenant, mais typique du droit : la loi s’intéresse aux situations merdiques. Au passage, ça veut dire que tous ces rapports (que certains opposants au projet brandissent volontiers) selon lesquels un couple homosexuel est potentiellement moins capable d’éduquer un enfant, abonderaient pour le mariage, qui facilite une intervention extérieure.

Quant aux autres “droits égaux” revendiqués, ils sont de plusieurs natures, mais aucun n’est réellement controversé, sauf une question de principe. La fiscalité (plus avantageuse des couples déclarant sous le même foyer) a déjà été prise en compte par le Pacs ; reste le statu favorisé du conjoint dans l’héritage : si vous voulez rire, rien de tel que de demander à un conservateur s’il veut maintenir des impôts abusivement élevés. Il va vous répondre avec un déni subit et un peu terrifié. Au contraire de la campagne française qui a célébré la joie de vivre, et à la tête de laquelle on trouve des gens aussi jeunes que Pierre Bergé, le veuf d’Yves Saint-Laurent, la campagne américaine a été coordonnée par le mari d’un des co-fondateurs de Facebook : un couple plus jeune, tout aussi beau et photogénique que Yves et Pierre, certes, mais… je me répète, mais : deux générations plus jeunes. Paradoxalement, ou symétriquement, la campagne américaine a insisté sur la fin de vie. Les militants étatsuniens ont demandé un statu de conjoint qui soit respecté, c’est-à-dire prioritaire sur la famille immédiate, quand un hôpital demande s’il faut maintenir un patient dans un état végétatif. L’histoire est moins étincelante que deux robes de mariées ou deux costumes côte-à-côte sur une pièce montée, mais nettement plus convaincante : à nouveau, aucun opposant au projet ne souhaite que les médecins français n’aient à hésiter quand le petit ami de 50 ans et la sœur ne sont pas d’accord face à une mesure désespérée.

S’il reste une poignée de conservateurs grommelant, dites-leur que dans la pratique, ça vers plus d’économie et ça évite de l’acharnement thérapeutique et il ne vous restera plus beaucoup d’opposition.

Pour résumer : posez des questions détaillées aux opposants au projet de loi (si vous en connaissez, je vous en présenterai s’il le faut) et vous verrez qu’ils sont favorables à beaucoup de choses que le projet permet : protéger les enfants d’une mère naturelle abusive quand il y a un autre tuteur disponible, quelque soit son sexe ; offrir une fin de vie apaisée, etc. Essayez, vraiment. Vous verrez que vous arriverez à convaincre des opposants que la loi, telle qu’elle est, favorise beaucoup de choses.

Le point d’achoppement c’est la reconnaissance de l’union d’un homme et d’une femme comme plus digne parce que plus naturelle — parce qu’elle est féconde, essentiellement. La majorité des personnes qui sont attachée à cet élément sont motivées par des raisonnements ou une structure religieuse. Mais, si on creuse, les re-mariages après divorce, les mariages entre des personnes trop âgés pour espérer être féconds, etc. Tous ont été associé à ce “mariage naturel” parce qu’ils étaient difficiles à exclure : à quel âge exact n’est-on plus capable d’avoir des enfants? Qu’est-ce qui fait qu’un premier mariage ne compte pas, plutôt que, il comptait, mais le conflit rendait important le fait de séparer les conjoints ?

Le mariage civil est encore souvent pensé dans ce sens d’une promesse de la fécondité, mais il est de plus en plus une marque publique d’affection avant tout. Refuser la marque publique aux homosexuels parce que l’union n’est pas “naturellement féconde” est certes symbolique, donc mérite d’être comparé à une fécondité symbolique, mais l’argument reste faible et a le défaut d’être passablement insultant. Le refus aurait du rentrer dans une revendication commencée fait plus tôt, comme le souligne Maître Éolas : les lois sur les divorces, ou les unions pauliniennes. Là où l’avocat manque d’intégrité, c’est qu’historiquement, l’exclusivité a été largement défendue par l’Église à chaque fois, toujours aux dépends de son influence politique ;  moins par des conservateurs, plus à même de se projeter dans les situations en question. Ce différentiel de mobilisation pour des questions de sensibilité explique pourquoi je n’aime pas beaucoup ceux qui comptent les manifestants. Comme souvent, l’Église défendait le principe d’une institution contre les limites humaines de son application — un combat nécessaire mais qu’elle doit accepter de perdre, au même titre que le pardon de tous les confessions du monde ne doit pas interdire l’exercice du métier de la Police.

Oui, il y a un débat qui aurait du, ou doit, avoir lieu pour clarifier les questions de filiation que la nouvelle loi propose — ne serait-ce que parce que les défenseurs du projet ne connaissent pas les enjeux eux-même. Je n’ai pas abordé les questions internationales, mais rien de simple ne peut en émerger, même si tous les pays occidentaux font passer des dispositions similaires. L’idée de scinder le vote en deux temps, les points moins controversés d’abord et la discussion des autres ensuite était intéressante sur le papier, mais n’a pas aidé à la compréhension de la loi.

La maladresse du gouvernement actuel face aux questions d’église est choquante, mais maintenant habituelle. Plus généralement, c’est une loi qui, au travers du monde occidental semble, symboliquement, faire entrer l’Église dans une minorité qu’elle n’a pas connu depuis la clandestinité sous l’Empire romain. Depuis cette l’époque, il y a eu des progrès : les idées sur le mariage étaient nettement moins bien vues : saint Valentin n’a pas été martyre à coup de gaz lacrymogène quand il voulait un mariage par consentement mutuel plutôt que par arrangement paternel. Mieux vaut donc se réjouir de ce progrès et de ce que l’Église est plus sainte en étant missionnaire, plutôt que richement vêtue aux premiers rangs du temple.

Si vous voulez organiser une reconquête, je vous propose de commencer par l’intérieur : plutôt que de débattre des points les plus délicats de l’interprétation des épitres les plus épicés de Saint Paul après d’homosexuels flamboyants et globalement très hostiles au clergé pour beaucoup de raisons, commencez par aider au catéchisme (on est en terrain conquis) et écoutez les enfants de parents divorcés remariés demander pourquoi leurs parents ne peuvent pas communier. Si vous voulez défendre le mariage et les enfants, commencez par interroger votre credo.

Je demande à mes amis chrétiens de répondre à cette évolution comme ils ont répondu à des épreuves autrement plus éprouvantes que le passage d’une loi qui ne les touchera pas : leur sainteté n’est pas dans leur colère mais dans l’amour qu’ils montreront. Certains ont connu ce qui ne manquera pas d’arriver à des mères porteuses ; ces mères auront besoin de leur assistance aimante — les couples qui les voient comme un service risquent de manquer de la sensibilité nécessaire. Des militants qui s’appuient sur des principes moraux figés et sans compassion pour leurs adversaires abandonneront leurs soutiens quand le message deviendra ambivalent : ces abandonnés auront besoin non pas de leçons de morale mais d’amour. Votez contre des dispositions autour de la GPA si vous pensez qu’elles vont empirer la situation (et que vous êtes parlementaire) mais si la loi passe, ce qui est vraisemblable, acceptez que Dieu ait décidé de placer sur votre chemin cette épreuve, et réfléchissez à l’attitude la plus aimante que vous puissiez adopter. Vous résistez déjà héroïquement à la déferlante de Kinders en plein Carême ; pourquoi concentrer vos efforts sur le chocolat ? Être chrétien, ça n’est pas gagner les élections glaive en main et pour la plus grande Gloire de Dieu ; c’est prier pour que le Saint-Esprit inspire les dirigeants (même les socialistes) et faire Son travail qu’il pleuve ou qu’il vente.

Ma position est et restera que je vous jugerai à la manière dont vous traitez vos adversaires.

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Pourquoi j’ai quitté Quora

Le dernier billet sur ce blog décrivait Quora, une communauté anglophone en ligne si prometteuse que j’avais abandonné ce blog.
Pendant près de deux ans, j’ai été un membre actif. La semaine dernière, je suis tombé sur plusieurs réponses (signée et anonymes) qui promouvaient un préjugé haineux—quelque chose de si détestable qu’il ne mérite aucune publicité. Quand j’ai dénoncé le mal que ces contributions portaient, j’ai été menacé de poursuites juridiques, et pas moins de trois administrateurs m’ont sommé d’accepter ces réponses en silence, au nom d’une règle de « gentillesse » (ça ne s’invente pas).
Sous aucun prétexte je n’accepterai d’être associé à un site qui promeut des préjugés pareils ; j’ai donc quitté Quora sans hésitation.

J’aurai donc plus de temps pour m’occuper de ce blog.

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Les plus belles questions et réponses de Quora

Je dois vous avouer : j’en ai un peu marre de parler encore et toujours du même site. L’apologie est un sport fatigant. Je suis surtout un peu sceptique devant mes statistiques de fréquentation. Comment est-ce que je peux avoir autant de monde, et si peu de commentaires ?

Pour me soulager à deux titre, je vous propose d’inverser la donne : à votre tour de dire ce que vous avez trouvé de bien sur ce site : question importante mais négligée, réponse drôle et instructive, ou lapidaire, participant exceptionnellement dévoué, commentaire cinglant ou collection hétéroclite rassemblée sous un même Tag, ou même une réponse dont vous êtes fier — dites-moi ce qui vous a plus en découvrant le site.

Sinon, je vais croire que j’ai fait tout ça pour rien.

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C’est quoi ton métier ?

Shiva Natarâdja, Seigneur de la Danse (musée G...

Image by dalbera via Flickr

Après une vague de papiers sur encore et toujours le même site, peut-être que certains d’entre vous sont curieux : que fais-je le reste du temps ? Je prépare une thèse, je donne un cours et je suis consultant indépendant.

Vous trouverez plus de chose sur mes recherches sur mon blog en anglais, mais en un mot, j’essaye de comprendre si Facebook est un monopole : sur quel marché, par quel mécanisme, s’il est contestable ou essentiel et comment le réguler le cas échéant. Ça mélange de l’épidémiologie, de la magnétique théorique, de la sociologie, du droit et de l’informatique et ça me plaît beaucoup.

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Quora, l’humour et les références potaches

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Image via Wikipedia

Ce billet est une traduction depuis l’anglais de l’analyse que Xianhang Zhang a fait du rôle de l’humour sur Quora. Toutes les intuitions sont les siennes ; je suis le seul responsable des lourdeurs dans l’expression.

« À l’origine de cet essai, une rencontre impromptue avec Ben Newman, ingénieur à Quora, à bord d’un train. Au cours du voyage, nous avons eu une conversation intéressante sur les attitudes de Quora à l’égard de l’humour notamment (ils sont assez austères) et pourquoi ça a été le cas. Les employés de Quora avaient réfléchi très attentivement à la nature de l’humour et à ses effets sur les communautés. Leurs procédures sont en réalité conformes à  leur paradigme. Je ne vais pas tenter de parler au nom de Quora à une fraction d’utilisateur, contre de 20 minutes il y a quelques semaines, mais leur vision ne me rappelle mes positions à l’égard de l’humour sur le web.

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Quora encore — Utilisation avancée

Ceci est mon cinquième billet sur le sujet mais il a l’air de vous intéresser, donc pourquoi se priver ?

Après une présentation rapide et quelques explications, je tenais à vous remercier : même si on remarque plus facilement ceux qui sortent des clous, j’ai vu énormément de très bonnes contributions venant de certains de mes lecteurs.

Vous avez du déjà explorer les ontologies de ‘Tags,’ et j’imagine souscrire à beaucoup trop d’entre eux — et tant mieux : l’algorithme qui gère la gazette (News Feed) filtre en fonction de votre comportement, donc même si cette liste est trop longue, vous voyez des questions et des réponses qui vous intéressent. Lire la suite

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Pourquoi tous les sites biens sont en anglais ?

La principale critique qui émerge de maintenant trois jours à faire le berger de chats pour les nouveaux venus sur Quora est que le site exige d’utiliser l’anglais. Comme je l’ai expliqué à plusieurs endroits, ça n’est pas de la francophobie, mais un choix initial.

À vrai dire, les fondateurs de ces sites pensent moins à passer à l’international que votre petite nièce ne pense à typer ses vidéos de karaoké YouTube en bahasa : oui, ça augmenterait son audience, mais… Pour quoi faire ? Il semblerait que la plupart des gros sites américains qui sont passé à l’international (Google, Facebook) l’ont fait après qu’un ingénieur très multiculturel ait, en entretien d’embauche apparemment, expliqué la complexité des enjeux. Des conversations avec des chefs de produits, même promis à un avenir planétaire sur Quora sont assez édifiantes : ils n’ont aucune idée de ce que ça représente. Leur monde, la Silicon Valley est très international, mais strictement anglophone. Lire la suite

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